Ce n’est pas la même question, ce sont deux questions différentes. Les gens simples, j’ai vécu au milieu d’eux pendant quarante ans mais je ne peux pas prétendre objectivement en faire partie. C’est une question d’expérience et de vocabulaire. Il arrive qu’ils me consultent, et il arrive qu’on me demande d’écrire une lettre, une profession de foi électorale, un éloge funèbre. Donc j’ai un rôle de consultant et de scribe parce que je connais du monde, que je fais des conférences, que j’ai des notions sur tout, que je parle plusieurs langues et que j’ai voyagé. Mais les gens qui ont du mal, cette fois j’en fais partie . Je n’ai jamais eu de voiture neuve, j’ai vécu de mes traductions quand les contrats se faisaient rares en littérature, j’ai toujours eu du mal à payer mes impôts locaux, les seuls qui comptent pour un campagnard sans le sou. En somme, cultivé mais pauvre.

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